Les enfants du pays de Bitche

Eglise de Montbronn

Montbronn est le berceau des SCHNEIDER, dans le Pays de Bitche. En Moselle et aujourd’hui français, le pays de Bitche fut longtemps « allemand » car rattaché au Saint Empire Romain Germanique de 925 à 1680, puis temporairement occupé par les Français (1680 – 1697), avant de revenir sous domination allemande jusqu’en 1766.

Dans le domaine des industries, l’activité verrière occupe une place de choix puisqu’elle est la plus ancienne et la plus répandue. Les conditions naturelles sont particulièrement favorables à son implantation : présence de sable et de bois en abondance, mais aussi possibilité d’extraire la potasse des bruyères et des fougères.

Produisant toutes du verre à vitres et de la gobeleterie, elles ont des caractères communs : elles ont toutes été fondées par des verriers allemands venus de Hesse, de Souabe (notre branche SCHNEIDER) et du Spessart, et elles sont itinérantes en raison de la raréfaction du bois de combustible au bout de quelques années. La guerre de Trente Ans leur porte un coup fatal et il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir de nouvelles verreries, désormais sédentaires, s’implanter à Meisenthal (1702), Goetzenbruck (1721), Montbronn (1723) et Saint-Louis-lès-Bitche (1767), leurs productions restant toutefois les mêmes.

Le sobriquet des habitants des Montbronnois est Mummere Hätsche ou Mummere Moren, « les porcs de Montbronn » ou « les sales gens de Montbronn », c’est-à-dire les gens de peu de valeur. Dans l’ancien temps, les habitants du village ont dû avoir un comportement de rustres. À l’occasion de la fête patronale, les bagarres et les beuveries étaient fréquentes et déchaînaient la violence. La rumeur publique était elle aussi très sévère à l’égard du village, qui avait mauvaise réputation notamment parce qu’il était un centre actif de prosélytisme luthérien au XVIe siècle, ce qui était très mal vu dans le reste du pays de Bitche.

12e génération:

Anstett SCHNEIDER est donc originaire de Montbronn, comme les 6 générations de SCHNEIDER qui se sont ensuite succédées pendant 200 ans. L’épouse d’Anstett se prénomme Catherine et ils se marient probablement entre 1630 et 1640.

11e génération:

Leur fils Jean Théobald SCHNEIDER nait vers 1640 à Montbronn. Il épouse Sybille STEY qui lui donne au moins 2 enfants, Anne Christine et Jean Martin. Leurs petits-enfants respectifs se marieront entre eux et auront un fils, Mathias SCHNEIDER, père de Célestine SCHNEIDER notre aïeule.
Jean Théobald est le maire de Montbronn lors de son décès en 1703 à 63 ans.

10e génération:

Jean Martin SCHNEIDER est laboureur à Montbronn. Il a a priori plus de 40 ou 50 ans quand il épouse Barbe THEIS en 1721, probablement après un premier veuvage.

9e génération:

Leur fils François « Joseph » SCHNEIDER passe également toute sa courte vie (il meurt à 48 ans) à Montbronn, avec son épouse Barbe ERHARD, de Montbronn mais dont les origines maternelles GREINER nous amènent en Allemagne dans le Bade-Wurtemberg chez les maîtres-verriers vers 1500 avec également des racines luxembourgeoises côté parternel ERHARD.

8e génération:

François SCHNEIDER est le dernier de la lignée à passer toute sa vie à Montbronn de 1753 à 1817. Il y épouse en 1786 la fille d’un cousin issu de germain, Anne FERSTLER. Anne vivra près de 90 ans.

7e génération:

Leur fils Mathias SCHNEIDER se marie à 20 ans avec Catherine SEMLé avec laquelle il a au moins 6 enfants entre 1819 et 1831. Mathias est cabaretier à Wingen dans le Bas-Rhin voisin.

Wingen sur Moder

Catherine décède à 45 ans et Mathias se remarie l’année suivante en 1843 à Montbronn avec la jeune Thérèse PROBST, notre aïeule, du village alsacien de Bouquenom (devenu Sarre-Union).

Ses origines nous amènent également en Allemagne avec son aïeul Mathias TRITZ, laboureur né vers 1615 dans la Sarre à Niedaltroff, quartier du village de Rehlingen-Siersburg et au Luxembourg dans la paroisse de Steinsel via sa grand-mère parternelle Elisabeth FABER. Thérèse est également la descendante des familles de meuniers LANG du Pays de Bitche.

Thérèse a 24 ans de moins que Mathias et donc le même âge que ses beaux-fils et belles-filles. Ils ont 2 filles Madeleine et Célestine Charlotte, sa cadette de 8 ans.

Signature de Thérèse PROBST

Devenue veuve à 36 ans, Thérèse se remarie 4 ans plus tard avec André MELCHIOR (qui a près de 20 ans de plus qu’elle également) à Clichy où ils résident au 19 rue de la Procession et lui donnera une fille, Marie Catherine MELCHIOR, dernière demi-soeur de Célestine SCHNEIDER.

Signature d’André MELCHIOR

André MELCHIOR est contremaître dans une verrerie. Il décède à Clichy en 1875.

Thérèse résidera ensuite à Paris (en 1892, 57 boulevard Pereire) puis à Bordeaux où elle viendra élever son petit fils « Maurice » SCHNEIDER qui avait été placé à l’orphelinat selon la mémoire familiale. Thèrese à 78 ans en 1899 et nous perdons ensuite sa trace.

6e génération:

Descendance SCHNEIDER-PROBST-MELCHIOR

C’est en 1899 à Paris que sa fille Marie Catherine MELCHIOR, âgée de 37 ans, épouse Albert MORIN, 29 ans. Albert MORIN est indiqué comme étant déjà veuf de Julie PERRIN sur l’acte de mariage (page 16/20) et les 2 filles Marthe et Andrée de Marie Catherine sont légitimées par ce contrat de mariage:

Légitimation d’une fille née Pauline Marguerite Andrée MELCHIOR le 31 mai 1885 à Bois-Guillaume, Seine Inférieure, inscrite sous le n° 119, fille de Marie Catherine et Marthe Hélène, née le 17 décembre 1887, à Paris 5e, sous le n° 296, fille de Marie Catherine MELCHIOR.

On peut en déduire que Marthe et Andrée ne sont probablement pas les filles d’Albert MORIN qui n’aurait été âgé que de 14 ans à la naissance de la première, et de 17 ans à la naissance de la seconde… mais que ces deux fillettes ont simplement été légitimées par le mariage de leur mère.

La cadette Andrée MORIN sera artiste peintre. D’après la mémoire familiale, elle possédait un hotel à Saint Briac en Ile-et-Villaine.

Madeleine SCHNEIDER est couturière et épouse Ferdinand PATEAU à Gennevilliers à 31 ans mais décède 6 ans après.

Signature de Madeleine SCHNEIDER

Célestine Charlotte SCHNEIDER, demi-soeur de Marie Catherine MELCHIOR est directrice d’une école de sage-femmes à Bordeaux vers 1900.

Célestine SCHNEIDER, 1880

Célestine vit en 1906 au numéro 12 rue du Taillan à Bordeaux. Elle a deux enfants sans se marier, un garçon Victor « Maurice » SCHNEIDER et une fille décédée en bas-âge, semble-t-il avec un médecin député de la Guadeloupe (?) qui y retournera définitivement vers 1880. Comme évoqué précédemment, Maurice sera élevé par sa grand-mère Thérèse.

Célestine Charlotte SCHNEIDER et le Dr André MOUSSOUS vers 1895

Célestine se lie et vit ensuite avec le Docteur André MOUSSOUS, médecin pédiatre, né le 6 juin 1856 à Bordeaux.

Célestine est une belle femme, intelligente, plein de goût, aimant recevoir.

Son compagnon André MOUSSOUS est témoin du mariage de son fils Maurice en 1906.

Célestine décède quelques mois avant la naissance de sa petite fille Denise SCHNEIDER mais a eu le temps de choisir son prénom, comme le veut la coutume.

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5e génération:

« Maurice » SCHNEIDER

Avec l’aide du Docteur MOUSSOUS, Maurice SCHNEIDER devient progressivement industriel, et fonde la société de négoce de produits chimiques NOIRAUD-SCHNEIDER dont l’usine de fabrication d’eau de Javel est située rue des Gardinoux à Aubervilliers dans un quartier peu salubre.

Maurice fut également président de la Chambre de Commerce de Paris.

Il épouse en premières noces début 1900 Marie Adrienne PINSOLLE mais ils divorcent en 1905 et André se remarie l’année suivante avec Fernande PUYRAVAUD, née à Bordeaux et originaire de Charente-Maritime à Grézac.

Adrienne aura un fils André SCHNEIDER fin 1900 avant de divorcer 4 ans plus tard puis partira refaire sa vie au Portugal. Elle reviendra finalement en France.

Mobilisé en 1914 en tant que sergent dans l’artillerie, Maurice s’y distingue par son courage en sauvant du matériel de transport sous le feu d’une attaque ennemie.

Adrienne PINSOLLE, 1ère épouse
de Maurice SCHNEIDER
Fernande PUYRAVEAU, 2nde épouse
de Maurice SCHNEIDER

Fernande PUYRAVEAU aura 2 filles, Denise et Marie Thérèse « Tante Nénette ». Elle vivra chez sa fille et son gendre en 1969 après s’être séparé de Maurice SCHNEIDER en 1939.

Retrouvez la branche PUYRAVAUD en Charente-Maritime par ici.

4e génération:

André SCHNEIDER

Placé en pensionnat, André SCHNEIDER grandira en secret de ses 2 demi-soeurs Denise et Marie-Thérèse qui n’apprendront son existence qu’à l’âge de 20 ans.

André épouse en 1934 Rose PEYROUX. Ils n’auront pas d’enfant.

Denise et Marie-Thérèse SCHNEIDER en 1915
Denise SCHNEIDER, élève à l’école Pigier

Sa demi-soeur Denise SCHNEIDER épouse 3 ans plus tôt en 1931 à Aubervilliers, Jean PEYROUX, le frère de Rose PEYROUX.

Mariage Denise SCHNEIDER et Jean PEYROUX en 1931

Et Marie-Thérèse SCHNEIDER épouse Robert RICHARD quelques années plus tard en 1939. Retrouvez le détail des invités sur Geneanet.

Mariage Marie Thérèse SCHNEIDER et Robert RICHARD – 1939

Schneider, janvier 1960
Paris, 216 rue de Crimée

Retrouvez la branche PEYROUX à Tilh dans les Landes par ici