Du romarin et des prières

1729 : année pestiférée à Saâcy sur Marne

En 1729, la peste sévit à Luzancy qui l’annonce par un drap mortuaire mis à flotter sur le clocher. Atterrés, que peuvent faire pour s’en protéger les habitants de Saâcy, paroisse voisine ? Il est recommandé d’utiliser des recettes à base de plantes aromatiques : absinthe, reine des prés, genièvre, sauge, romarin, camphre. Mieux vaut encore tenter d’infléchir Dieu par des prières à ses intercesseurs saint Fiacre, saint Antoine, sainte Geneviève ou par des manifestations collectives dont certaines avaient particulièrement marqué leur époque.

En 1583, pour combattre le fléau qui s’était déjà manifesté à Meaux en 1561, 1562, 1572, 1578, 1580, les 2, 5 et 15 septembre des processions de 900 à plus de 2000 pèlerins de Nogent L’Artaud, de Crécy, de Meaux, parcoururent des lieux pour se rendre au tombeau de Saint-Fiacre. Vêtus d’un grand linceul blanc sur la chair nue, tenant une croix d’une main, un cierge de l’autre, les suppliants marchaient nu-pieds derrière les religieux et les curés portant le Saint-sacrement.

De même, le 3 juin 1729, une procession s’organise à Saâcy et arrête le fléau …

Actuellement encore, le 3 juin, en reconnaissance, a lieu la Fête des malades.


Saâcy – L’église

A voir, le vitrail du chœur de l’église de Saâcy, signé par le peintre-verrier Robert Plée, qui figure la procession de 1729.

1832 : le choléra atteint le village de Pavant


Les ravages du choléra

Vers 1830, le mot « choléra » est sur toutes les bouches. Pourtant, comme le déclare fort cyniquement le Grand Larousse du XIXème siècle :

« le choléra, s’il était resté une maladie endémique sur les bords marécageux du Gange, n’aurait que médiocrement intéressé les Occidentaux… » !

Mais ce choléra dit « indien » émigre ! Il atteint Moscou en 1830, Berlin en 1831, faisant des milliers de morts sur son passage. Après Londres, touché en février 1832, il est à Paris le 26 mars…

Figure 226 : Les ravages du choléra

On dénombre 55 décès à Pavant en 1832 , contre 29 les années précédentes (source Histoire de Pavant de Charles Cornette p 176).

Parmi les victimes, on trouve notamment:

  • Marie Louise Vallet, 76 ans, † 8 juin 1832, une arrière-grande tante
  • Antoine Martin Cottray, 56 ans, † 22 juin 1832, un arrière-grand père
  • Crescence Zéphérine Vallet, 31 ans, † 23 juin 1832, une arrière-grand mère
  • Marie Catherine Desbordes, 57 ans, † 9 juillet 1832, une arrière-petite cousine
  • Prosper Emile Bréjon, 8 mois, † 18 novembre 1832, un arrière-grand oncle.
1846 : la « maladie noire » affame la Bretagne

Extrait d’un article de Jeannine Blonce paru dans la revue du Cercle Généalogique des Côtes d’Armor :

« Dans les années 1845-1850, la Bretagne va connaître une de ses plus grandes crises agricoles. En 1844 apparaît la «maladie noire» de la pomme de terre – le mildiou – et la récolte est détruite.

L’hiver 1845-1846 est si rigoureux que les céréales sont entièrement gelées, les légumes anéantis ; les bestiaux meurent de froid en grand nombre. L’été qui suit est particulièrement sec : pas de moisson, pas de fourrage, ce qui reste des troupeaux périclite.

L’hiver 1846-1847 est aussi froid que le précédent. Plus de travail, plus de nourriture ; on assiste alors à une grande famine. En 1846, la Bretagne compte 6 736 enfants trouvés, abandonnés et orphelins. Les jeunes sont tous issus des classes pauvres : 67% de cas sociaux parmi lesquels on trouve 1 orphelin sur 2, et 1 sur 6 dont les parents sont en prison.

Les populations pauvres du milieu du siècle sont décimées par la tuberculose ou le choléra et des orphelins traînent sur les routes. Ils sont majoritairement originaires de Bretagne : 40% des Côtes-du-Nord, 23% d’Ille-et-Vilaine, 13% du Finistère, 3% de Loire-Inférieure, 6% du Morbihan »